 Extraits de courriers envoyés par des jeunes après des séjours à l'abbaye l'été. Radim, 21 ans, tchèque. Je suis venu à l’Abbaye St-Martin du Canigou en été 2008 pour partager la vie communautaire avec l’intention de perfectionner mon français. Dès que j’ai vu une photo de l’abbaye, je savais que je devais y aller. Mais ce n’était qu’après mon arrivée que j’ai découvert quelque chose d’extraordinaire. J’ai découvert un lieu plein de foi, de silence, de joie, d’amitié, de sourire, de Dieu... tout ça entouré par la nature sauvage, par des vallées profondes, par des pics désertés. Chaque jour j’ai vécu une expérience différente, extraordinaire. Le temps semblait de se ralentir. Après cinq semaines de la vie communautaire, je suis parti avec beaucoup plus que meilleur français ! Je suis parti avec Dieu dans mon cœur. Je reviendrai, j’en suis sûr. Merci Seigneur pour cette expérience.
Caroline, étudiante. Mon premier passage à Saint-Martin du Canigou remonte à l’hiver 2006. Avec un groupe de jeunes animateurs d’aumônerie, nous faisions une retraite dans les Pyrénées Orientales, et l’abbaye a constitué une étape de cette retraite. Durant notre séjour, je me rappelle avoir été beaucoup marquée par la beauté du lieu, par la paix et l’atmosphère qui y régnaient, comme si un endroit comme ça ne pouvait pas exister sur Terre. De plus, la façon dont la Communauté y vivait m’intriguait et m’attirait. Au cours d’un repas, une sœur m’a appris que la Communauté avait besoin de jeunes bénévoles durant l’été pour faire visiter l’abbaye, et j’ai trouvé le concept original et intéressant. Au fond de moi en partant, je savais que je reviendrai à Saint-Martin. L’occasion s’est donc présentée l’été suivant. Cette fois, en venant, j’avais un projet pour une dizaine de jours, celui d’être guide pour l’abbaye. J’avais peur, d’une certaine façon, car je ne savais pas si je serais capable d’assumer cette mission. Et puis j’avais aussi des craintes par rapport à la Vie en Communauté ; être de passage à l’abbaye est une chose, y vivre en est une autre. Très vite, mes craintes se sont dissipées, car le fait de vivre en Communauté comme on vit en famille me plaisait beaucoup : partager les tâches de la maison, les joies, les évènements, les difficultés aussi, et donner son sourire à ceux avec qui l’on vit. De plus, le rôle de guide m’enthousiasmait de plus en plus : pouvoir à la fois participer à la vie de l’abbaye de l’intérieur, et faire découvrir le lieu aux visiteurs au travers de l’histoire du site me semblaient être deux aspects complémentaires et harmonieux. Je me suis découvert grâce à ce rôle de grandes affinités pour le contact humain et l’enseignement ; j’aimais faire en sorte que mon auditoire s’implique dans la visite et participe. Je retiens en mémoire plusieurs discussions très intéressantes avec des visiteurs pendant et à la fin des visites ; j’ai été marquée par le fait que certains d’entre eux avaient envie de rester, de passer plus de temps dans l’abbaye, et cela m’a renvoyé à mon attirance à moi pour le lieu. Je crois que je peux dire que je me suis assez vite sentie comme un poisson dans l’eau au sein de la Communauté, et ce dès mon premier long séjour. Mes séjours à Saint-Martin ont bien sûr fait partie intégrante d’une démarche de foi. Je dirais que mon expérience de foi en lien avec l’abbaye ne consiste pas en un instant particulier vécu en ce lieu, mais plutôt en plusieurs évènements tous simples du quotidien là-bas. Tout d’abord, il m’est arrivé souvent, lors d’une balade ou d’un moment de repos dans les environs de me mettre à prier, la beauté de la création m’y incitant. Il m’est aussi arrivé, certains soirs, d’être happée par l’église abbatiale, attirée par la lumière, et là encore je me mettais en prière spontanément devant l’autel. Enfin, l’expérience de la prière communautaire lors des offices a été importante pour moi, car je n’avais pas l’habitude de chanter les prières ainsi ; je crois que j’ai découvert une autre façon de m’adresser à Dieu. Après mon premier été à Saint-Martin, j’y ai été rappelée deux fois. Bien sûr c’est moi qui ai fait la démarche de revenir, mais quelque part je sentais que je ne pouvais faire autrement. Pourquoi ? Tout d’abord parce que j’y ai rencontré des personnes qui ont été pour moi comme une famille durant mes séjours. Après, il y a une part d’attirance inexplicable, qui fait que je me sens bien là-haut, un peu comme si j’étais attendue. Les lieux me semblent imprégnés d’une beauté et d’une sérénité que j’ai rarement connus ailleurs. Si bien que lorsque je rentre chez moi après un séjour à l’abbaye, c’est comme si je revenais à la réalité après un joli songe, pourtant bien réel. C’est grâce à la vie à Saint-Martin que j’ai découvert que la joie pouvait se trouver partout et à n’importe quel moment. Et en rentrant chez moi, à chaque fin de séjour, j’essayais d’appliquer ça dans ma vie de famille, ma vie en colocation, sur mon lieu d’études aussi. Et ça marche… Une expérience d’un lieu ne nous apporte vraiment quelque chose que lorsque l’on en retient un enseignement pour notre vie quotidienne. Saint-Martin est donc pour moi une source où je reviendrai puiser bientôt…
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